Archéologie poitevine

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03 novembre 2014

Gaston Chérau reporter de guerre

Deux-Sèvres - Niort - Histoire
03/11/2014 05:46
Gaston Chérau en Égypte en 1917. Le romancier a commencé sa carrière de reporter de guerre en 1911 en Tripolitaine. - (Photo extraite du livre « Gaston Chérau, romancier de la province française »)

Le romancier niortais, académicien Goncourt, a été correspondant de guerre en 14-18 pour le célèbre magazine “ L’Illustration ”. A découvrir le 8 novembre.

C'était le « Paris-Match » de l'époque. L'écrivain niortais Gaston Chérau a écrit une douzaine de reportages de guerre en 14-18 pour « L'Illustration », premier magazine français en son temps. Ces textes, nous pourrons les découvrir lors d'une lecture publique le 8 novembre à la médiathèque Pierre-Moinot.

On connaît mal le Gaston Chérau reporter. Généralement, l'auteur, académicien Goncourt et conférencier international, passe pour un écrivain du terroir. « Ses romans prennent appui sur le terroir mais il a écrit beaucoup de choses qui échappent à cette palette », corrige Érick Surget, directeur des bibliothèques de l'agglomération.

Pendaisons publiques en Libye

Sa carrière de reporter de guerre, Gaston Chérau l'a démarrée dès 1911. L'Italie, avide de se tailler un empire colonial, attaque l'empire turc en Tripolitaine, province de la future Libye. Sa collaboration avec le quotidien « Le Matin » ne durera pas plus de deux mois : « Le journal a arrêté son contrat car ce qu'il n'écrivait n'était pas politiquement correct. Il a décrit les brutalités de l'engagement guerrier et les effets du colonialisme. Comme lorsqu'il rend compte de pendaisons publiques de Libyens. Il a aussi d'ailleurs montré les jeunes soldats italiens mutilés ».
Car Gaston Chérau est aussi reporter photo. Il se déplace avec son propre matériel. Un de ses clichés les plus forts : des Libyens pendus à des potences sur une place de marché.

Hiver 1915

En 1914, « L'Illustration » est partie pour pré-publier son dernier roman. La guerre interrompt tout. Le romancier niortais à la place part comme correspondant de guerre en Belgique puis dans le nord de la France, jusqu'à la fin de l'hiver 1915, lorsqu'il est lui-même incorporé.
Au fil des reportages, un décalage se produit. On passe d'un Gaston Chérau patriote, indigné par la brutalité allemande, à un observateur légèrement au-dessus de la mêlée.

" Les villes sont livrées aux flammes "

Ce qu'il voit alors ? « Les immenses destructions apportées aux grandes villes européennes, explique Érick Surget. C'est l'originalité de ses reportages. La guerre est d'emblée dévastatrice, les villes sont livrées aux flammes. On est entre pays civilisés : peu de gens s'attendaient à une telle sauvagerie ».
Ces villes, personne ne sait alors si elles seront reconstruites. En tout cas pas à l'identique. C'est cette volonté folle de détruire l'autre et sa civilisation que Gaston Chérau regarde et donne à voir. Le romancier n'était pas un avant-gardiste littéraire. « Un Maupassant de sous-préfecture », a raillé Bernanos, parce que Chérau avait préféré un écrivain de seconde zone à Céline et son « Voyage au bout de la nuit » lors du Goncourt 1932. Du moins comme reporter n'a-t-il pas raté ce qu'il fallait voir : ce voyage au bout de la nuit de la civilisation européenne qu'a été 14-18.

nr.niort@nrco.fr

Yves Revert
Source de l'information et photographie : http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2014/11/03/Gaston-Cherau-reporter-de-guerre-2103624

Posté par vanuatu à 09:00 - Musées et expositions - Commentaires [0] - Permalien [#]
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