Archéologie poitevine

L'Association pour le Développement de l'Archéologie sur Niort et les Environs (ADANE) vous souhaite la bienvenue !

01 décembre 2009

Disparition annocée du Palais de la Découverte

Sauf changement de dernière minute, le Conseil des Ministres va décréter la disparition du Palais de la Découverte le 9 décembre prochain.
 
Malgré près de 70 000 signatures, malgré tous les appels de la communauté scientifique, dont plusieurs prix Nobel, malgré l’opposition des personnels et de toutes les instances représentatives, le gouvernement veut passer en force.
 
Si le texte de ce décret passait, le Palais n’aurait plus d’existence juridique au 31 décembre 2009.
Le lendemain 1er janvier, il serait absorbé dans un nouvel établissement entièrement dominé par la Cité des Sciences et de l’Industrie, où il n’aurait ni autonomie de décision, ni autonomie financière. C’est dire que l’esprit du Palais, cette passion du partage direct de la science fondamentale entre les scientifiques et le grand public, disparaitrait.
 
Il est encore temps d’empêcher cette mise à mort.
Des actions se préparent.
 
Vous aussi vous pouvez agir :
Ecrivez, avant le 9 décembre, à celle et ceux qui porteront la responsabilité de cette décision lors du Conseil des Ministres.
 
Nicolas Sarkozy, Président de la République :   http://www.elysee.fr/ecrire
 
Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture :      http://www.culture.gouv.fr/culture/comment-ministre.htm
 
Valérie Pécresse, Ministre de la Recherche :   valerie.pecresse@recherche.gouv.fr
 
Transmettez copie à Claudie Haigneré, chargée de la mission de préfiguration du nouvel établissement, présidente de la Cité des Sciences et de l’Industrie, présidente du Conseil d'administration du Palais de la découverte : c.haignere@cite-palais.fr
 
 
Faites circuler largement cet appel autour de vous.
Le 10 décembre, il sera peut-être trop tard.

Posté par vanuatu à 14:34 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


18 novembre 2009

Inventaire des cachets à collyres gallo-romains

reçu par mail... Merci à ceux qui peuvent apporter quelques informations à l'intéressée !

muriel.labonnelie@u-bourgogne.fr
Objet : Inventaire des cachets à collyres gallo-romains

 

 

Madame, Monsieur,

Je suis en train d'élaborer un nouvel inventaire des cachets à collyres (également appelés "cachets d'oculistes") et je me permets de vous contacter pour savoir si vous n'auriez pas découvert l'une de ces petites pierres sigillaires lors de fouilles récentes ou encore inédites.
 
Les cachets à collyres sont de petites pierres généralement parallélépipédiques, de 4 à 5 centimètres environ de côté, qui comportent des inscriptions latines ou grecques gravées en caractères rétrogrades sur une ou plusieurs de leurs faces les plus exiguës.
 
Désireuse de mener une étude synthétique de ces petites pierres sigillaires, je recense également les offrandes votives représentant des yeux.


cachet1
cachet d'occuliste

L(vcii) POMP(ei) NIGRINI ARPASTON
AD RECENT(em) LIPPITVDINE(m)
OD(i) ENT(em) DIE(m) EX OVO

Cela signifie: “Collyre Asparton (à l'ambre) de Lucius Pompeius Nigrinus contre l'ophtalmie récente qui donne une photophobie, à diluer dans du blanc d'oeuf.”

A votre entière disposition pour vous donner toutes les informations qui pourraient vous être utiles, je vous remercie par avance pour votre aide,

Muriel Labonnelie

Image1

Posté par vanuatu à 08:47 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

01 novembre 2009

Appel de Florence

A l'occasion du colloque de Florence sur la didactique de l'histoire de l'art organisé par l' APAHAU qui s'est tenu en vendredi et samedi 22-23 mai 2009, il a été décidé de lancer un "appel de Florence" pour sensibiliser les élites politiques, les futurs députés européens et l'opinion publique sur l'importance d'un enseignement d'histoire de l'art dans tous les pays de l'Europe, de l'école au lycée, pour mieux former les futurs citoyens européens.
Cet "appel de Florence" est mis en ligne dans différents pays de l'Union européenne pour lui assurer une large publicité et diffusion.

En tchéque
www.dejinyumeni.cz
www.udu.cas.cz
Document PDF Florentska vyzva

En slovène
Document PDF Florentinski poziv

En portugais
www.apecv.pt
Document PDF Apelo de Florença

En allemand
www.kunsthistoriker.org
Document PDF Florentiner appell

En anglais
Document PDF The Florence appeal

En espagnol
www.ceeh.es
Document PDF Peticion deFlorencia

En italien
www.anisa.it
Document PDF Appello di Firenze

L'APAHAU, (Association des professeurs en Archéologie et Histoire de l'art des Universités) est une association loi 1901. Elle a pour but de créer un lien entre les enseignants-chercheurs en Archéologie et Histoire de l'Art des établissements de l’enseignement supérieur, de favoriser le développement des études dans ces domaines et d’aider à la diffusion des résultats de la recherche en France et à l’étranger. Elle publie une revue Histoire de l'art.

APPEL DE FLORENCE

Un geste fort pour l’Europe : un enseignement de l’histoire de l’art dans tous les pays de l’Union.

Chaque année, des millions de membres de l’Union européenne, ceux-là-mêmes qui sont invités à voter le 7 juin, profitent du principe de libre circulation pour découvrir les paysages, les musées, les traces du passé et les œuvres d’art contemporain de leurs voisins européens. Comment faire de ce formidable mouvement, de ces multiples découvertes, en un capital européen, en une ressource pour l’édification de l’Europe ? En transformant, par un enseignement d’histoire de l’art à l’école, ce qui relève de la consommation en un processus d’acculturation, de prise de conscience d’un patrimoine commun, d’appropriation d’une histoire artistique vécue sous le signe de l’échange, depuis des millénaires, de Ségovie à Cracovie, d’Athènes à Édimbourg ou Copenhague, de Florence à Munich et à Budapest.

Donner une dimension européenne à un tel enseignement d’histoire de l’art, qui n’existe à ce jour que dans quelques pays, l’instituer dans tous les pays d’Europe, ce serait, en associant les futurs citoyens d’Europe à leur propre histoire, donner un remarquable élan à une Europe de la culture.

Alors que l’histoire de l’Europe a été faite pendant longtemps de conflits qui opposaient des peuples, de traités qui ont divisé arbitrairement un territoire, de langues imposées injustement, de dominations culturelles, alors que le fonctionnement de l’Union est vécu comme quelque chose de compliqué et de lointain, l’histoire des formes artistiques constitue pour l’Europe un continuel processus d’échanges, d’enrichissements mutuels à tout niveau de la création dans un espace commun, du modeste maçon de village (qui met en œuvre des savoirs et des références architecturales venant de différents pays), à Léonard de Vinci, Picasso et Ingmar Bergman. Ainsi, par l’apport des « Barbares », Rome put revivifier l’héritage artistique de la civilisation grecque ; dans l’Espagne des Omeyades se réalisa une brillante synthèse entre les cultures arabes et européennes, notamment dans l’architecture ; avant le premier conflit mondial, l’Art nouveau (également appelé selon les pays Jugendstil, Stile Liberty, Modern Style ou Modernismo) réunit, en dépit des tensions nationales et linguistiques, une communauté européenne des arts.

Instituer un enseignement d’histoire de l’art à l’école dans tous les pays de l’Union permettrait à tous ses habitants de comprendre l’esprit de communauté artistique qui unit l’Europe depuis plus de trois millénaires. Les œuvres d’art, de la mosquée de Cordoue aux photos des châteaux d’eaux des Becher, étudiées dans leur dimension historique, sont la meilleure introduction aux religions, aux mouvement d’idées et aux civilisations qui ont forgé l’histoire du continent , et à la place artistique que peut tenir l’Europe dans la civilisation globale actuelle, alors que les formes artistiques empruntent de nouvelles voies et que les échanges s’accélèrent et se multiplient.

Le langage des images, très présent dans les expressions les plus contemporaines, est commun à tous les citoyens de l’Union. Dans les 27 pays de l’Union, une formation d’au moins une heure hebdomadaire en histoire de l’art serait pour chaque jeune européen un moment précieux de rencontre avec la richesse artistique de sa cité, de son pays, de l’Europe, une incitation à la mobilité et à la découverte au sein du continent, d’intégration culturelle européenne dans le respect de l’histoire.. Du patrimoine industriel aux traditionnels beaux-arts, des vestiges archéologiques aux créations les plus contemporaines, cet enseignement serait naturellement ouvert : ouvert à toutes les composantes et populations qui forment l’Europe actuellement, et apte ainsi à mettre en confrontation les objets de la civilisation européenne avec les cultures du monde ; ouvert à l’avenir, en intégrant pleinement la création vivante.

Un enseignement d’histoire de l’art, de l’école au lycée, dans tous les pays de l’Europe, est un geste que l’Union doit faire pour l’Europe, ses générations futures, la conscience de son avenir.


Comité de soutien (France) :

  • Olivier BONFAIT (Président de l'APAHAU),
  • Eric de CHASSEY (Professeur d'Université, membre de l'IUF),
  • Marc FUMAROLI de l'Académie Française (Professeur honoraire au Collège de France),
  • Sylvie RAMOND (Conservateur général du patrimoine, Directeur du Musée des Beaux-Arts de Lyon),
  • Pierre ROSENBERG de l'Académie Française (Directeur général honoraire du Musée du Louvre),
  • Alain SCHNAPP (Professeur d'Université, ancien Directeur général de l'INHA),
  • Pierre SOULAGES (Artiste peintre)

Dans la presse :

Signer la pétition/Sign the petition
Voir les signataires/See the signatories

Posté par vanuatu à 09:02 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

19 juin 2009

Sauvons le CNAU

De : sauvonslecnau@free.fr [mailto:sauvonslecnau@free.fr]
> Envoyé : lundi 15 juin 2009 14:47
> Objet : Centre national d'archéologie urbaine
>
> Chers collègues,
>
> Merci de votre soutien au Centre national d'archéologie urbaine. En
> acceptant de signer vous nous permettez de lancer cette pétition en
> affichant l'intérêt d'une communauté scientifique pluridisciplinaire pour le
> Cnau.
> La pétition est désormais accessible en ligne à l'adresse suivante :
> http://sauvonslecnau.free.fr que vous pouvez diffuser sans compter dans vos
> réseaux.
>
> Très cordialement,
>
> Xavier Rodier
> Ingénieur de Recherche
> CNRS

Posté par vanuatu à 20:47 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

10 juin 2009

Le Centre National d'Archéologie Urbaine est menacé de dissolution

Reçu par mail...

Le Centre National d'Archéologie Urbaine est menacé de dissolution.

Merci de diffuser largement la motion ci-jointe. Une pétition devrait suivre.
motionCnau.pdf (90 ko)

Posté par vanuatu à 23:41 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

24 avril 2009

La Communauté de Clermont - Pôle Archéologie & Environnement lance un appel à projets

Pour l'année 2009, deux thèmes sont retenus:

a) Les projets permettant d'accompagner l'émergence des technologies d'information et de communication innovantes (TICI) dans l'une et/ou l'autre des trois catégories suivantes:
- projets de numérisation de données relatives aux collections patrimoniales dans une démarche partenariale appuyée par les milieux de recherche et ouvrant des perspectives sérieuses de diffusion;
- et/ou projets transversaux en faveur de l'innovation par les technologies d'information et de communication, en relation avec les besoins de médiatisation et de visualisation de données complexes, que ce soit dans un contexte de haute spécialisation, ou de médiation, voire de tourisme
- et/ou actions de communication exceptionnelles et d'envergure nationale ou internationale pour valoriser les pratiques, les projets et les réalisations locaux.

b) Les projets de recherche interdisciplinaires permettant d'apporter un éclairage significatif sur le thème général "archéologie & environnement"
Les candidats devront faire parvenir une note d’intention avant le mardi 14 juillet 2009.
Les dossiers complets doivent parvenir avant le jeudi 1 octobre 2009.

La note d’intention, puis le dossier complet, sont à adresser à :
Clermont Communauté
Direction du Développement Culturel
64-66 avenue de l’Union Soviétique - BP231
63007 Clermont-Ferrand Cedex 1

En savoir plus

Posté par vanuatu à 20:49 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

09 avril 2009

Sauver le Palais de la Découverte

Objet: [Sauvonslepalaisdeladecouverte] Invitation à signer la Déclaration du 24 mars 2009

 

Bonjour

Vous avez manifesté votre soutien au Palais de la découverte. Aujourd'hui, nous vous proposons de signer la déclaration lue à l'issue de la soirée du 24 mars.

En effet, dans la journée du 24 mars, Claudie Haigneré a été nommée à la tête d’un mission de préfiguration d’un nouvel établissement public issu du regroupement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l’industrie.

Ce 8 avril, elle a été nommée à la présidence de la Cité des sciences. Cette nomination n’est pas de nature à lever les inquiétudes quant à l’avenir du Palais de la découverte.

La soirée de soutien organisée au Palais de la découverte, mardi 24 mars, a montré le fort attachement du public et de la communauté scientifique au Palais et à ses valeurs.

Un soutien qui s’est illustré par la présence de plus de 3 000 personnes, et de personnalités scientifiques, de la culture et des médias parmi lesquelles Alain Aspect, Sébastien Balibar, Michèle Casenave, Gilles Cohen-Tannoudji, Pierre Encrenaz, Anouk Grinberg, Denis Guedj, Jean Iliopoulos, Denis le Bihan, Bertrand Monthubert, Edwy Plenel, David Ruelle, Isabelle This Saint-Jean, Jacques Treiner, Jean-Didier Vincent, Wendelin Werner...

À l’issue de la soirée , la déclaration ci-dessous a été lue par Sébastien Balibar.

Pour renouveler votre soutien au Palais,
signez cette déclaration sur http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/
Transmettez-la largement autour de vous.

Déclaration du 24 mars 2009

Nous demandons solennellement au gouvernement qu’il renonce au projet de fusion du Palais de la Découverte avec la Cité des Sciences et de l’Industrie, et à toute mesure qui mettrait le Palais en danger. Nous demandons au contraire que le Palais soit soutenu dans son développement.

Nous demandons que le Palais puisse transmettre à tous les citoyens, la passion des sciences et le goût de la découverte, demain encore plus qu’aujourd’hui.

Nous serons extrêmement vigilants par rapport aux décisions que les pouvoirs publics prendraient dans les prochaines semaines.

Nous sommes absolument déterminés à ne pas laisser amputer, dissoudre ou détruire un trésor culturel qui appartient aux scientifiques, aux visiteurs, aux générations à venir.

Une flamme particulière souffle au Palais : c’est la passion de la science. Nous ne la laisserons pas s’éteindre.

Posté par vanuatu à 08:54 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

23 mars 2009

24 mars au Palais de la Découverte, soirée de soutien

Rappel
GRANDE SOIRÉE DE SOUTIEN
AU PALAIS DE LA DÉCOUVERTE


Mardi 24 mars, à partir de 19 heures


Venez  très nombreux
Le Palais de la découverte a besoin de vous

Dans tout le Palais de la découverte, les médiateurs vous proposeront des expériences et des démonstrations avec la complicité de personnalités.

Un peu plus tard dans la soirée, dans la rotonde, des personnalités scientifiques et de la culture témoigneront.

Vous pourrez, sur place, exprimer votre soutien.

L’entrée est gratuite.

Ne laissons pas le gouvernement détruire le Palais de la découverte


Transmettez cette invitation au plus grand nombre

Si vous ne vous pouvez pas venir,
envoyez vos messages de soutien à  contact@sauvonslepalaisdecouverte.fr

Posté par vanuatu à 08:19 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

15 mars 2009

Le coup de gueule de Jean Hiernad - 2008, Poitiers (86)

Trouvé sur le web, cet article est une réaction à l'arrêt des fouilles sur le site du chapitre Saint-Hilaire de Poitiers (Vienne)

Vous reprendrez bien un peu de passé ?

 

Non, les Poitevins attachés à l’histoire de leur ville ne sont pas contents de ce qui se passe à proximité de l’église Saint-Hilaire. Il semblerait qu’on n’ait pas bien estimé l’importance des vestiges enfouis sous l’ancien lycée du Doyenné. Il semblerait qu’on préfère les recouvrir pudiquement d’une chape de béton, « pour les protéger ». On n’aurait pas envie de savoir comment ont vécu et sont morts ceux qui ont peuplé pendant des siècles l’une des grandes collégiales françaises. Ou qu’on n’en ait pas les moyens…
Poitiers, la ville d’Hilaire, de Radegonde et d’Aliénor, est en train, ces temps-ci, de se moderniser à vive allure. Ces grands noms ne nous parleraient-ils plus ? Ces hommes et ces femmes de foi, de pouvoir et de culture seraient-ils en passe de céder la place, dans notre subconscient, à l’argent-roi ?
Lorsque, en 1972, on mit au jour, dans la rue des Carolus, un long tronçon de l’enceinte romaine du Bas Empire, on le détruisit en en découpant le parement en morceaux que l’on promit de reconstituer à proximité. Ces blocs furent jetés à la décharge : on n’en garda qu’un seul, qui sert de témoin ridicule de tout un pan d’histoire. Grégoire de Tours raconte en effet qu’en 587 on transporta au pied de cette muraille le corps de la reine Radegonde, fondatrice du monastère de Sainte-Croix, pour aller l’ensevelir à l’endroit où, hors les murs, allait s’élever bientôt l’église qui porte aujourd’hui son nom. Et Grégoire de préciser que les moniales, massées en haut des tours, pleuraient le départ de leur fondatrice. Lorsque on détruisit les vestiges, un de mes étudiants, Danois d’origine, déclara que « dans son pays, un tel massacre aurait déclenché une révolution ». A Poitiers, rien de tel.
Lorsque, beaucoup plus récemment, on fit des fouilles à l’emplacement de l’ancien couvent des Augustines Hospitalières, on découvrit le mur d’enclos du monastère de Sainte-Croix, rue Saint-Simplicien, et un carrefour de rues romaines, avec les restes d’une fontaine publique et les squelettes de quelques soldats pourvus de leurs armes, typiques de cette époque barbare. Croyez-vous qu’une seule voix se soit élevée pour suggérer qu’on pouvait peut-être conserver sur place ne serait-ce qu’un tronçon de ces restes insignes ? Nenni. Une belle résidence s’élève aujourd’hui, densément bâtie pour ne perdre aucun mètre carré de ce cher terrain.
La voix des hommes de culture est devenue inaudible, celle des hommes de foi se préoccupe davantage du temps présent où il y a tant à faire, il est vrai, celle des enseignants se consacre à des époques beaucoup moins obscures. Nous préférons nous plonger dans la réalité virtuelle et le divertissement, plutôt que de chercher à faire revivre ces vieilles lunes, Hilaire, Radegonde, Aliénor…
Hilaire, parlons-en. On va sauvegarder les vestiges découverts près de la collégiale. En y coulant une dalle de béton. Le rêve de l’aménageur… Et sans doute de certains édiles… Que ne recouvre-t-on l’ensemble de la ville de Poitiers d’une chape « protectrice » afin de pouvoir construire par-dessus, à loisir, les belles résidences dont rêvent d’heureux et fortunés propriétaires, loin des immeubles collectifs ! Plus tard, sans doute, nos descendants auront tout loisir de s’intéresser de nouveau à Hilaire, Radegonde et Aliénor. Nous, nous en savons assez sur ce passé-là. Nous continuons toutefois à lui rendre hommage : les beaux immeubles ne s’appellent-ils pas « les Augustines », ou la « résidence du Doyenné », des noms qui fleurent bon le passé et apportent de confortables revenus ?
Des autorités diverses de la Culture ont donné à chaque fois leur bénédiction à ce qui pourrait bien apparaître comme une entreprise de surdité organisée. Ce sont même elles qui, semble-t-il, ont imaginé la fameuse « chape de béton ». L’existence de ces autorités – qui devraient servir la connaissance désintéressée et préserver ce patrimoine des appétits mercantiles – explique d’ailleurs le plus souvent le désintérêt apparent de nos concitoyens : des spécialistes veillent… Ils ne permettraient pas que… Et pourtant, c’est bien à nous tous qu’il revient de dire si ces « vieilles lunes » doivent ou non être bétonnées. Cela ne vous intéresse-t-il pas de savoir qui étaient ces morts si gênants, dont les sarcophages gisent bien alignés sous la cour de l’ancien lycée ?
L’église Saint-Hilaire d’aujourd’hui est tout ce qu’il reste de visible de tout un quartier disparu, de toute une histoire qui est l’histoire même de Poitiers. La magnifique basilique fut construite sur le tombeau d’un des premiers évêques de notre ville, mort en 367, qui fut en son temps une grande voix entendue d’un bout à l’autre de l’Empire romain, mérita par ses travaux de théologie d’être appelé docteur de l’Église d’Occident, et attira près de lui rien moins que Martin, le fondateur du monachisme occidental ; elle fut vendue en 1799 comme bien national et transformée en carrière. Un grand morceau de son porche gothique est aujourd’hui conservé au Victoria and Albert Museum de Londres. Au XIXe siècle, la nef fut reconstruite et l’église devint le centre d’une paroisse ; le chœur et les absides, miraculeusement conservés, ont livré des sculptures et des restes de fresques comparables à celles de Saint-Savin. Ce peu qui subsiste suffit à la faire classer au patrimoine mondial de l’U.N.E.S.C.O.
Cela ne nous intéresse-t-il pas de savoir comment fonctionnait le collège de clercs qui la desservait et dont l’abbé laïc fut très tôt le duc d’Aquitaine puis, après 1204, le roi de France ? Qui étaient ces chanoines de haut vol qui, après avoir vécu dans des demeures qui constituèrent le bourg Saint-Hilaire, qui s’étendait des Trois Piliers à la porte de la Tranchée, se firent ensevelir autour de la basilique et, sans doute, jusque dans la cour de l’ancien lycée, peut-être aux côtés de quelques-uns des premiers évêques. Les restes de l’Italien Venance Fortunat, mort en 600, évêque de Poitiers, ami de Radegonde, et l’un des derniers grands poètes de la latinité à l’antique, se trouvent peut-être parmi eux. Comment tous ces vestiges s’inscrivaient-ils dans la grande nécropole païenne qui gît sous le quartier Saint-Hilaire et la promenade de Blossac et dont tout ce que nous savons se résume aux notes prises au XVIIIe siècle par le bénédiction Dom Fonteneau ? Poitiers serait-il devenu insensible à un monument-phare de son histoire ? Phare est bien le mot : jusqu’à la Révolution, avait lieu le « reguet » au cours duquel le maire et les échevins venaient assister à un Te Deum à Saint-Hilaire et allumer une lanterne à son clocher, pour commémorer la légende rapportée par Grégoire de Tours et Fortunat, selon laquelle, en 507, Clovis aurait été guidé, dans sa lutte contre les Visigoths d’Alaric, par un globe de feu sorti de la basilique.
Bien sûr, il arrive que l’on fouille, et à grands frais. Quand on ne peut pas faire autrement. Pour établir au cœur de la ville, sur les restes d’un couvent de Cordeliers, une galerie marchande vitale pour le commerce et le parking souterrain qui doit l’accompagner. Pour creuser les espaces techniques nécessaires au théâtre-auditorium. Mais ici, rien de tel. On ne fouillerait donc pas ?
Et pourtant, la collégiale Saint-Hilaire et son environnement sont au moins aussi importants pour la connaissance du passé que le cloître des Cordeliers… Ce seraient donc les aléas de l’économie et les appétits des promoteurs privés qui susciteraient une fouille ici, une chape de béton là ? En une ville célèbre pour ses études médiévales. En une cité naguère fière de son patrimoine ?

 

Il faut évidemment fouiller les vestiges de Saint-Hilaire. En tout cas, ne rien y construire, car on imagine bien ce qu’une dalle de béton signifierait pour ces restes fragiles. Et trouver l’argent. On sait toujours trouver l’argent, lorsqu’on en ressent la nécessité.

 

Notre ville, au fond, n’est ce qu’elle est que parce qu’Hilaire, le premier, avant Radegonde, Aliénor et d’autres y a vécu et a porté au loin sa renommée.

 

L’aventure de la connaissance ne réside pas seulement dans le futur.

 

Jean Hiernard
professeur d’histoire ancienne
à l’université de Poitiers

Posté par vanuatu à 13:55 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 janvier 2009

Archéologie préventive en remous...

Reçu par mail :
" Bonjour ! Pour information, dans le cadre du Projet de loi sur l'accélération des programmes de construction, actuellement en discussion au SENAT, plusieurs propositions d'amendement risquent de changer la donne pour ce qui concerne l'archéologie préventive.
Voir par ici : http://archeo.levillage.org ou bien directement sur le site du sénat (faire une recherche dans la page) : http://ameli.senat.fr/amendements/2008-2009/157/jeu_classe_resta nt.html
Sinon, pour ceux qui manifestent le 29 janvier 2009 à Nantes et se sentent seuls un RDV est prévu à la DRAC
à 11h00, avec un point presse, etc.

Merci de diffuser cette information aux personnes qui seraient intéressées. 
Bon Week-End."
Y L-J

Posté par vanuatu à 20:50 - Appels - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :
« Accueil  1  2  3   Page suivante »