L'orangerie : concentré de l'histoire de France
Deux-Sèvres -Thouars, Vie de la cité


L’orangerie a connu la période royale, celle des forçats, des réfugiés. Elle a abrité une usine aéronautique (Dop), jusqu’en 1968. Les anciens la racontent.
L'époque de Cul de cane et Ragouillard
Beaucoup d'émotion pour les trois « mémoires vivantes » du passé industriel de l'orangerie du château de Thouars : Marcel Rouger, Jacques Fradin et Michel Rouchon, au moment de se faire remettre un petit livre auquel ils ont contribué par leurs témoignages : « Laissez-vous conter l'orangerie ».
Ces trois anciens de l'usine Dop (Dispositifs oléo-pneumatiques) qui fabriquait des pièces de précision pour l'aéronautique et notamment des trains d'atterrissage d'avions après la guerre ont participé à l'élaboration de cette plaquette tirée à 2.000 exemplaires. Elle est un lien entre l'histoire de ce bâtiment dont Thouars retire une légitime fierté et l'actuel bâtiment utilisé comme salle des fêtes de luxe. Dans ce livret, documenté et illustré à partir du fond photographique des studio Pinel, Marcel, Jacques et Michel ressuscitent l'âme industrielle de la Dop.
La conscience industrielle de l'après-guerre
La Dop fut, comme l'usine Rusz, l'un des grands moments de l'orangerie. C'est chez Rusz, que le terreau de la Résistance a fait éclore des âmes de jeunes patriotes communistes prêts à se sacrifier pour la nation, dans des actions marquées du sigle de l'OS-680. Sacrifice suprême puisé dans un remarquable esprit de désobéissance. Plus près de nous, Marcel, Jacques et Michel, eux, ont fait don de leurs souvenirs pour réveiller la conscience industrielle de l'après-guerre. Leur récit s'inscrit dans la ligne de l'histoire de l'orangerie que ce fascicule dépeint depuis ses origines, c'est-à-dire cinq ans après la création de l'orangerie du château de Versailles. On n'oubliera pas la période « carcérale » de la bâtisse, lorsque l'orangerie se transformera en prison ou en maison de force de 1873 à 1925. Refuge des Espagnols chassés par le franquisme, l'orangerie a résonné au rythme des chahuts de l'histoire de France…
Le service de l'architecture et des patrimoines de la ville de Thouars, représenté par Christelle Bègue et Sébastien Maurin, a œuvré à l'élaboration de ce fascicule, ainsi que Virginie Daudin, du CRRL. Il est disponible à la vente au prix de 4 € à l'office de tourisme, à la mairie et à la librairie Brin de Lecture.