L’écureuil sauve sa peau
L’immeuble de la Caisse d’épargne ne pourra pas être détruit. Il va faire l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques. Le dossier est à la signature.

L’immeuble de la Caisse d’épargne de Mériadeck ne disparaîtra pas du paysage. Il est définitivement protégé. Lors de sa dernière réunion, la Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) a adopté, à une large majorité, son inscription au titre des monuments historiques. Le dossier est à la signature.
Présidée par le préfet de région, la CRPS comprend une trentaine de membres dont le directeur régional des affaires culturelles, le conservateur régional des monuments historiques, des élus et des représentants d’associations et comités de défense du patrimoine.
Une inscription au titre des monuments historiques n’est pas, rappelons-le, un classement. C’est ce que l’on appelait auparavant « une inscription à l’inventaire ». Une première étape qui empêche cependant toute destruction. La valeur patrimoniale de l’ouvrage est officiellement reconnue.
Avant la vente du bienCette demande d’inscription a été lancée lorsque la Caisse d’épargne a annoncé qu’elle allait quitter Mériadeck pour s’installer dans des locaux plus grands et plus fonctionnels. La caisse va quitter le centre-ville pour devenir l’un des premiers occupants (en 2015) des terrains abandonnés par les abattoirs, quai de Paludate à Bordeaux.
Unibail, propriétaire du centre commercial, n’a pas caché son intention d’acheter l’immeuble de l’Écureuil. Ce qui a provoqué immédiatement des réactions au sein des associations de défense de Mériadeck. Craignant une démolition pour la réalisation de locaux plus adaptés pour accueillir des commerces, celles-ci ont alerté les autorités et même évoqué le sujet dans un courrier envoyé à l’Unesco.
La Caisse d’épargne propriétaire des lieux ne s’opposant à une demande d’inscription, le dossier a fait l’objet d’une étude et vient donc d’aboutir devant la CRPS.
Comme le GuggenheimL’immeuble « inscrit » est autant aimé que détesté. Ses fans le qualifient de « merveille architecturale » en disant que cet ouvrage est unique sous cette forme, les seconds parlent tout simplement de « verrue » dessinée pour frapper le regard mais conçue sans grande réflexion puisqu’aucun aménagement fonctionnel n’est possible à l’intérieur.
Inauguré en 77, cet immeuble est l’œuvre d’Edmond Lay, un architecte tarbais. Un architecte qui a vécu de 1958 à 1962 aux États-Unis. Ce qui lui a valu d’enseigner l’architecture à Notre-Dame du Lac (Indiania) et à l’université de Corneil (New York). Des activités qui lui ont permis de rencontrer les plus grands architectes américains du moment dont Frank Lloyd Wright, créateur du fameux musée Guggenheim à New York.
Une rencontre qui l’a fortement marqué, semble-t-il. Si l’on regarde de près, on remarque en effet que la Caisse d’épargne ressemble au Guggenheim. Avec ces formes arrondies, ces grandes assiettes qui semblent s’empiler les unes sur les autres. Ce que ne manquent pas de souligner les Américains lorsqu’ils traversent Bordeaux et qui donne évidemment une valeur originale supplémentaire à l’immeuble. Le Guggenheim de Mériadeck !
L’immeuble est sauvé mais cela ne dit pas ce qu’il va pouvoir devenir. Le propriétaire du centre commercial sera-t-il toujours acheteur ou laissera-t-il à d’autres le soin de trouver une nouvelle destination à l’ensemble ?
Source de l'information et photographie : http://www.sudouest.fr/2013/05/08/l-ecureuil-sauve-sa-peau-1047383-2780.php

