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Archéologie poitevine
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7 juin 2013

Grotte de la piscine : plongée dans la préhistoire

Vienne, Montmorillon, Archéologie

07/06/2013 05:35
Les coulisses du site, dans les réserves du musée : Jean-Michel Leuvrey et Pascaline Gaussein classent et conditionnent les vestiges trouvés sur le site.                      
Les coulisses du site, dans les réserves du musée : Jean-Michel Leuvrey et Pascaline Gaussein classent et conditionnent les vestiges trouvés sur le site. - (Photo Vincent Ribault)

Des visites guidées sont organisées samedi à l’intérieur de la grotte préhistorique de la piscine, dans le cadre des Journées nationales de l’archéologie.

La grotte " de la piscine ", c'est l'histoire d'une découverte aussi exceptionnelle que fortuite : « En mai 1966, les travaux d'extension de la piscine ont mis au jour un abri-sous-roche, une terrasse et une petite grotte, explique Charlotte Croissant, attachée de conservation du patrimoine de la ville. Pierre Marcel, alors professeur d'histoire et de géographie à Montmorillon, va y conduire les fouilles au cours de plusieurs campagnes entre 1968 et 1982. »

Les recherches ont révélé les restes d'un foyer et de nombreux vestiges : une profusion de silex taillés, de nombreux outils en pierre, des objets en os (sagaies, pointes de javelot, aiguilles à chas), des restes d'animaux, des traces de pigments, des fragments de parure (notamment des petits coquillages percés) et quelques éléments d'art mobilier comme un bois de renne gravé : « La datation n'est pas aisée à établir avec précision : entre -12.000 et -11.000 avant Jésus-Christ environ, ce qui correspond à la période magdalénienne ».

" Le campement de Montmorillon était occupé de manière intermittente "

Les fouilles ont été suspendues en 1982 pour procéder à l'inventaire. Après le décès de Pierre Marcel en 2006, un gros travail a été entrepris afin de rassembler toutes les pièces qui avaient été dispersées, « reclasser et reconditionner, précise Charlotte Croissant. Les carnets de fouille de l'archéologue ont permis de restituer tous ces éléments dans leur contexte. » Jean-Michel Leuvrey mène actuellement ce travail avec Pascaline Gaussein, thésarde en préhistoire et anthropologie sociale. « Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs du magdalénien étaient nomades, expliquent-ils, ils se déplaçaient sur de longues distances, 300 à 400 km, afin de suivre les migrations des animaux. On sait qu'ils allaient jusqu'au littoral grâce aux coquillages retrouvés sur le site. Le campement de Montmorillon était occupé de manière intermittente mais a été suffisamment permanent pour contenir des objets du quotidien. » « Ce lieu n'a sans doute pas encore livré tous ses secrets, souligne Patrice Bouteloup, adjoint à la culture, on ne sait pas ce qu'il y a dans la grotte, en grande partie comblée par plusieurs couches de sédiments. Peut-être y découvrira-t-on un jour des peintures murales ! » Mais pour le moment il n'est pas question de reprendre les fouilles : « Il faut d'abord étudier tous les échantillons en notre possession, précise Jean-Michel Leuvrey, les méthodes et problématiques de l'archéologie ont évolué depuis l'époque de Pierre Marcel ».

Corr. Vincent Ribault
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