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Archéologie poitevine
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25 juin 2013

Camp de Rouillé durant la Seconde Guerre mondiale

Source de l'information ci-dessous : http://www.ajpn.org/internement-Camp-de-Rouille-172.html

         
   Période d'activité: 06/09/1941 - 11/06/1944
    Superficie: 1,5 ha
    Population internée: Communistes, gitans nomades et condamnés pour     "Marché noir", "ressortissants des puissances ennemies", juifs       

                                         

Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé” ou “centre d’internement administratif”. Date inconnue. Au fond, de l’autre côté de la voie ferrée, le village. Coll. Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne), Fonds de l’Amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant.
 source photo : Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne)  crédit photo : D.R

Ci-dessous,camp de Rouillé  source photo : SHD crédit photo : DR

 

Histoire

Le camp d’Internement de Rouillé

Le camp d’internement   administratif de Rouillé fut ouvert le 6 septembre 1941 sous la dénomination   de "centre de séjour surveillé".
 
  Les internés étaient classés en plusieurs catégories :
  1) Les "politiques" composés de communistes essentiellement, de   personnes arrêtées pour avoir émis des opinions opposées aux nazis et aux   vichystes, de personnes arrêtées alors qu’elles tentaient de rejoindre   l’Angleterre, des républicains espagnols.
  2) Les "marché noir" ; leur séjour était souvent de courte durée.
  3) Les "droits communs" dont certains étaient de célèbres gangsters   ; d’autres étaient là pour "moucharder" les politiques. Quelques   uns ne voulurent pas se prêter au jeu et connurent, comme les politiques, la   déportation.
  4) Les "indésirables" étrangers ; en plus des Espagnols, il y eut   des Russes, des Arméniens, des Italiens, des Portugais...
 
  Situé en face de la gare de Rouillé, le camp était composé d’une quinzaine de   baraques en bois, sur une surface de 1,5 ha et entouré d’une double rangée de   fils barbelés entre lesquels couraient des entrelacs de ronces, le tout   dominé par deux miradors qui permettaient la surveillance.
 
  Les conditions matérielles et sanitaires y étaient tout à fait déplorables,   la nourriture presque exclusivement végétarienne : carottes à vache,   rutabagas et topinambours.
  En novembre 1942, un rapport médical relève "pas d’avitaminose mais   quelques alcaloses par nourriture trop végétarienne qu’un quart de vin   combattrait…". Hélas ! Le vin était une denrée rarissime.
 
  L’effectif total fut très variable : 149 détenus à l’ouverture (membres du   Parti Communiste de la région parisienne), 654 en septembre 1942 (maximum) et   379 avant l’attaque des F.T.P.F.(Francs Tireurs et Partisans Français) dans   la nuit du 11 au 12 juin 1944. A ce moment, 47 détenus rejoignirent les   maquis voisins.
 
  Le personnel de service, français, comprenait des gendarmes, des policiers   d’État et des gardiens auxiliaires. Il y eut toujours un gardien pour 6 à 8   internés.
 
  Les 9 premiers otages exécutés dans le département, à Biard (près de   Poitiers), viennent de ce camp : jeunes communistes âgés de 20 à 30 ans, ils   sont pris par la Feldgendarmerie les 7 mars et 30 avril 1942 et fusillés.
 
  Sœur Cherer, assistante sociale, Raymond Picard, commerçant à Lusignan qui   lui servait de chauffeur, Georges Debiais, marchand de grains à   Saint-Sauvant, le Dr Cheminée de Rouillé, médecin du camp, Camille Lombard,   photographe, et plusieurs autres anonymes œuvrèrent pour améliorer les   conditions de vie et parvinrent à faire évader quelques internés.
 
  Raymond Picard, pendant 15 mois, se rendit compte "de l’activité   extraordinaire de cette patriote hors série" que fut Sœur Cherer. "Sa   cornette, son imposante personnalité et sa parfaite connaissance de l’allemand   étaient des atouts dans les circonstances du moment.
  Par la Croix Rouge, par des dons, elle avait monté un véritable magasin   d’effets qu’elle distribuait aux détenus suivant leurs besoins. Elle   n’oubliait personne. Comme assistante sociale du camp, cette activité était   tolérée
".
  L’approvisionnement en nourriture et en boisson était, par contre, prohibé.   Malgré l’interdiction formelle, malgré les difficultés d’approvisionnement,   malgré les risques, Sœur Cherer parvint à faire entrer dans le camp de la nourriture,   cachée dans le double plancher, fabriqué à cette occasion, de la camionnette.   Le vin était caché dans des bouteilles de bière qui étaient tolérées.
  Sœur Cherer s’occupa aussi du courrier des internés afin qu’ils puissent   communiquer avec leurs familles ce qui était formellement interdit. Le   courrier était caché dans les caisses, à double fond, qui contenaient les   vêtements.
  Une anecdote, racontée par Raymond Picard, permet de se rendre compte du   courage, de l’aplomb et du caractère de Sœur Cherer : "Un jour, une   mission allemande arriva pendant que nous procédions à un tel déchargement   [de viande, cachée dans des caisses de vêtement]. Sœur Cherer s’avança vite   au-devant d’eux et avec une aussi hautaine attitude que ses interlocuteurs,   elle leur parla aussi longtemps que dura le déchargement. Celui-ci terminé,   elle me commanda sèchement d’avancer et, devant les allemands au   garde-à-vous, elle monta dans le camion et nous sortîmes du camp avec la   caisse à double fond qui contenait, comme d’habitude, le courrier que les   détenus envoyaient à leurs familles".

La vie au camp de Rouillé

Un interné sur cinq   travaillait à l’entretien du camp à la fin de 1942, plusieurs petits ateliers   officieux de cordonnerie, de saboterie et de menuiserie fonctionnent dans le   camp.
 
  Des cours furent organisés clandestinement par les internés enseignants, cadres   ou étudiants en littérature, droit, philosophie, sténodactylo, allemand,   espagnol, algèbre, géométrie, musique, préparation militaire...
 
  Une troupe théâtrale préparait des comédies de Molière

Les chefs du Camp de Rouillé

  • M. Olivier (janvier 1942)
  •   
  • Fernand Pernet (16/07/1943)
  •   
  • Pierre Brellier (février 1944 - août 1944)

2   Familles internées - Camp de Rouillé

Famille Crotti : 
  Nationalité Français
  Henri Crotti est interné au camp de Rouillé d'octobre 1942 à novembre   1943.
  Arrivée au lieu d'internement : 10/1942
  Destination : 11/1943 -

Famille Tollet : 
  Nationalité Français
  André Tollet, communiste, arrêté le 16 octobre 1940, après avoir séjourné   dans les prisons de la Santé et de Fresnes, arrive à Rouillé en octobre 1941.  
  Arrivée au lieu d'internement : 10/1941

 

Liens externes
  1 Vienne   Résistance Internement Déportation (V.R.I.D (Vienne Résistance   Internement Déportation),une association loi 1901, un collectif pour un média   de l’Histoire et de la Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale dans le   département de la Vienne. )
  2 Centre d'études tsiganes (Bibliographie )
  3 Souvenir Français Loudun - GABORIAUD Alphonse (Site du   Souvenir Français - Comité de Loudun Page GABORIAUD Alphonse )
  4 Souvenir Français Loudun - ROWEK Albert (Souvenir Français   Comité de Loudun - Page ROWEK Albert )

Chronologie
 
  12/04/1939 - Décret du 12 avril 1939 sur la création   des CTE (Compagnies de Travailleurs Étrangers).
  27/09/1940 - Loi du 27 septembre 1940 sur la   création des GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers).
  22/02/1941 - Décret du 22 février 1941 sur les   sanctions à appliquer dans les GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers).
  10/11/1941 - Arrivée au camp de Rouillé de 70   internés en provenance de Paris (58 "politiques" et 12   "indésirables").
  17/11/1941 - Arrivée au camp de Rouillé de 30   communistes du camp d'Avrillé-lès-Ponceaux (37).
  09/02/1942 - Départ de 52 internés du camp de  Rouillé vers Compiègne.
  07/03/1942 - 3 internés du camp de Rouillé sont   fusillés par les Allemands à "la Butte de Biard" près de Poitiers.1  
  18/03/1942 - Départ de 13 internés du camp de Rouillé   vers Compiègne.
  30/04/1942 - 6 internés communistes du camp de   Rouillé sont fusillés par les Allemands à "la Butte de Biard" près   de Poitiers.2
  22/05/1942 - Départ de 138 internés du camp de   Rouillé vers Compiègne.
  08/10/1942 - Rafle des Juifs en Charente dans la   nuit du 8 au 9 octobre 1942.
  16/10/1942 - Départ de 231 Juifs de la région de   Poitiers pour Drancy.
  31/10/1942 - Départ d'internés du camp de Rouillé   vers le camp de Voves.
  22/11/1943 - Départ de 66 internés du camp de   Rouillé pour le camp de Voves.
  10/12/1943 - Départ d'internés du camp de Rouillé vers Royan comme main d'œuvre pour l'organisation Todt.
  15/01/1944 - Arrivée au camp de Rouillé de 186   internés du camp de La Lande-Monts (41).
  07/04/1944 - Départ d'internés du camp de Rouillé   vers le camp de Pithiviers.
  11/06/1944 - Départ des internés du camp de Rouillé vers le camp de Poitiers.
  02/11/1945 - Ordonnance du 2 novembre 1945 sur la   dissolution des GTE (Groupements de Travailleurs Étrangers).


 
Pas de travaux actuellement sur ce sujet… Vous pouvez mettre le votre en   ligne sur le site ajpn.org.

Notes
 
- 1 - Picard, Roger,   "Rouillé (septembre 1941-juin 1944)" in Les communistes français   de Munich à Châteaubriant (1938-1941), sous la direction de Jean-Pierre   Rioux, Antoine Prost, Jean-Pierre Azéma, Presses de la Fondation Nationale   des Sciences Politiques.
  - 2 - Picard, Roger, "Rouillé (septembre 1941-juin 1944)" in Les   communistes français de Munich à Châteaubriant (1938-1941), sous la   direction de Jean-Pierre Rioux, Antoine Prost, Jean-Pierre Azéma, Presses de   la Fondation Nationale des Sciences Politiques.

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