Au musée Dufresne drôles de machines à vendre
Environ 400 machines (tracteurs, camions) seront vendues aux enchères samedi 29 juin, à Villeperdue. Dufresne se sépare des doublons.
Voilà à quoi ressemble l'antichambre du musée Dufresne : des parcs fermés avec de gros cadenas dans lesquels gisent d'antiques machines rouillées, au milieu d'herbes hautes. Un vrai cimetière des éléphants. Il y a de tout à Villeperdue : de vieux tracteurs, des véhicules de pompiers, des machines agricoles. Et même un hélicoptère « banane » ! Le hangar impressionne encore plus : serrés les uns contre les autres, les cadres de vieux vélos ressemblent à des squelettes. Un camion américain du début du XXe siècle, gris, marqué « Théâtre Bouquet » semble tout droit sorti de l'arrière-front des tranchées. Pas très loin, un vieux corbillard hippomobile noir prend aussi la poussière…
Quatre cents lots aux enchères
Tout n'est pas à vendre, bien sûr, mais la maison Dufresne se sépare de ses doublons. Elle ne veut plus conserver de pièces déjà présentes au musée Maurice-Dufresne (3.000 inventions à découvrir sur 1,4 km près d'Azay-le-Rideau). Environ 30.000 personnes le visitent chaque année. Me Bertrand Jabot vendra sur place, samedi 29 juin, environ 400 lots. Français, Anglais et Belges (parfois exilés fiscaux) rachètent ces vieux véhicules pour les restaurer. « Ils aiment le patrimoine industriel, automobile, surtout les Anglais. Ils connaissent le musée Dufresne, notamment grâce au site Internet », indique Monique Boissoneau-Dufresne, gérante de l'entreprise. Ces objets avaient été achetés par son père, Maurice Dufresne, qui avait une préférence pour les tracteurs « roues fer », peut-être ceux de son enfance. Tous étaient restés pendant des années à rouiller dans des granges. Ils ont été restaurés au musée. Me Jabot a souvent vu l'homme acheter. Il se souvient de ce personnage étonnant, attachant, capable d'acquérir, sur un simple coup de cœur, les objets les plus insolites. En ce moment, Dominique Heraud, mécanicien chez Dufresne, restaure un vieux tracteur à chenilles de marque Hotchkiss, de 1948 : « Je n'en ai trouvé qu'un sur Internet. La difficulté se pose pour la longueur des ailes, je ne la connais pas. » Quatre mois sont nécessaires pour le retaper avant de l'exposer au musée. Juste avant, Dominique Heraud a restauré une motopompe, autre curiosité. Des amateurs pour ces mécanos géants ? Alors, samedi, une direction : Villeperdue.