Le Bocage sur les traces de Monsieur Henri
Deux-Sèvres, Bressuire, Cerizay, Mauléon, Nueil-les-Aubiers, Patrimoine
Les superbes ruines du château de la Durbelière ont abrité Henri de la Rochejacquelein avant que les Vendéens viennent lui confier le commandement de leur révolte. Ce sont surtout des locaux qui ont suivi l’auteur de La marche sanglante des Vendéens, lors d’un circuit touristique organisé par le Brham de Mauléon.
A la tête de la colonne, Pierre Gréau. Cet ancien militaire vendéen devenu historien connaît son sujet sur le bout des doigts. Auteur d'un ouvrage sur la Virée de Galerne (*), un épisode de ces guerres qui a poussé les Vendéens au nord de la Loire, il cite la maxime de la Rochejacquelein (Monsieur Henri) : « Si j'avance, suivez-moi. Si je recule, tuez-moi. Si je meurs, vengez-moi. ». D'une voix de stentor, il mène les visites au pas cadencé et décrit les campagnes militaires d'un site historique à l'autre.
On touche à la fin d'un périple de trois heures en car proposé par le Bureau de recherches historiques et archéologiques du Mauléonnais. Peu de têtes blondes parmi ceux qui ont répondu à l'appel. Et sans doute encore moins de touristes. Ce sont surtout des locaux qui semblent ici plus pour se remémorer que pour découvrir une histoire qui a effrayé leurs soirées d'enfance.
Du sang sur le Bocage
Des hauteurs de Mauléon (alors Châtillon-sur-Sèvre), qui ont vu les grands affrontements entre royalistes et républicains à Château - Gaillard, au mémorial du Bois des chèvres en passant par les superbes ruines du Château de la Durbelière ou le mémorial du combat des Oulleries, on découvre in situ une histoire longtemps recouverte d'une chape pudique par les républiques successives. Les colonnes infernales de Westermann, les mises à sac de Châtillon-sur-Sèvre, la politique de la terre brûlée, les massacres organisés depuis Paris, les combats tantôt victorieux, tantôt déconfits des Vendéens, prennent vie. On mesure qu'à un moment, la Vendée a été sur le point de faire vaciller une Révolution encore fragile et excessive. On comprend surtout pourquoi cet épisode a tellement marqué Vendée et Bocage. Rares sont les églises et les places fortes qui ont survécu. Il faut avoir l'œil attentif ou un guide expert pour distinguer les monuments à ces sacrifices. Mais incontestablement, cette histoire mériterait d'être plus connue des Bocains et ils y gagneraient à la faire connaître des touristes.
(*) « La marche sanglante des Vendéens » de Pierre Gréau aux éditions « Pays et terroirs ».
Prochain circuit du Brham : « Les Templiers », mercredi 21 août, circuit en voiture au Temple et au Prieuré du Pont d'Ouin, RDV à 14 h 30 place de la Croix-verte à Mauléon.
Source de l'information et photographie : http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Loisirs/Patrimoine-tourisme/n/Contenus/Articles/2013/08/19/Le-Bocage-sur-les-traces-de-Monsieur-Henri-1582319