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Archéologie poitevine
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28 septembre 2013

La chapelle Saint-Louis surgit près du Logis royal

Indre-et-Loire, Loches

28/09/2013 05:35
 

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La mise au jour de la chapelle suggère un autre visage du Logis.

C’est une découverte à la fois exceptionnelle et émouvante. Les archéologues ont mis au jour la chapelle du premier Logis royal.

On voit encore très nettement le gond de l'ancienne porte. Et une partie du carrelage de terre cuite vernissée qu'a certainement foulé Jeanne d'Arc lors de sa venue dans la cité royale à la rencontre du roi Charles VII. Sur le pavement, on discerne assez facilement des fleurs de lys et des blasons. Les archéologues du conseil général viennent tout simplement de ramener à la vie le portail (*) et le seuil de la chapelle Saint-Louis. « Tout correspond : la beauté du portail, l'ornementation, l'orientation est-ouest », souligne le responsable du chantier archéologique, Pierre Papin.

On se trouve sur la terrasse en surplomb du Logis royal, en face de l'endroit où s'achève la partie de l'édifice datant de la fin du XIVe siècle. La chapelle remonte d'ailleurs à l'époque de sa construction. « Il faut probablement imaginer une architecture du même style que le premier Logis royal, qu'elle prolongeait en L. Elle était attenante aux grandes salles du roi », poursuit l'archéologue.

Un comité scientifique

La chapelle figurait à cet endroit sur un plan du XVIIIe siècle. C'est d'ailleurs ce qui a conduit le service de l'archéologie du conseil général à fouiller précisément là. « La chapelle a probablement été détruite entre 1756 et 1806 », précise Pierre Papin. Selon les traces mises au jour en ce moment, le bâtiment devait faire environ 7 m de largeur et 16 m de longueur, jusqu'à rejoindre en angle droit la façade du logis. D'ici peu, la fosse dans laquelle ont été retrouvées les fondations de la chapelle va être rebouchée, afin de garantir la conservation des vestiges. Mais l'histoire ne va pas s'arrêter là. Lorsque le troisième sondage archéologique sera achevé (lire ci-contre), un programme de fouilles plus approfondies devrait être conduit dans les années à venir en fonction des découvertes. Un comité scientifique, réunissant des spécialistes, archéologues, historiens pourrait même voir le jour. « Avec les fouilles, ce comité permettrait d'approfondir notre connaissance du logis et du donjon », confirme le nouveau directeur de la cité royale, Jean-François Thull. Au plan archéologique, elles étaient jusqu'ici quasi-nulles.

 (*) De 2 m de largeur.

repères La résidence des comtes d'Anjou ?

Plus anciens que les logis royaux. En juillet (voir NR du 5 juillet), un premier sondage archéologique (lire ci-contre) au fond du parc du Logis royal a permis la découverte d'un grand bâtiment d'époque romane (XIe siècle), mesurant 16 m de longueur pour 8 à 10 m de largeur. L'un des murs de ce bâtiment est encore visible en élévation et forme le mur mitoyen avec le musée Lansyer. Il était pourvu de vitraux et de peintures murales (à l'intérieur) dont de très nombreux fragments ont été retrouvés. Il peut s'agir de la résidence du comte d'Anjou ou d'un logis lié à la collégiale Saint-Ours, toute proche. Les observations ont montré aussi que cette extrémité de l'éperon était densément occupée et ce, depuis l'époque gauloise.

Futures recherches. Un troisième sondage sera entrepris dans une semaine, en face du bâtiment d'accueil, avec, pour objectif, de retrouver le corps de bâtiment qui prolongeait les logis vers la collégiale. Il durera jusqu'au 25 octobre. Le résultat des sondages permettra d'enrichir la muséographie du Logis royal. L'ensemble des fouilles est financé par le conseil général, propriétaire des lieux.

Pierre Calmeilles
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