Les archéologues décryptent l'histoire du quartier Vienne
Loir-et-Cher, Blois,
Plus d’un hectare : le site urbain de l’ancien hôpital psychiatrique est l’objet de fouilles archéologiques préventives qui “ raconteront ” ensuite le quartier.
Derrière l'aître Saint-Saturnin, rue du Puits-Neuf, en Vienne, les 11.000 m2 du site de l'ancien hôpital psychiatrique sont un vaste champ de fouilles. Depuis le mois d'octobre, et jusqu'en juin prochain, les archéologues de l'Inrap (institut national de recherches archéologiques préventives) sont à l'œuvre. « Nous avons fouillé environ un quart du site », explique Didier Josset, le chef du chantier. « Nous avons découvert, ce que nous n'attendions pas, des vestiges d'époque gauloise. » Des fossés (comblés ensuite) en témoignent et ont livré des céramiques et autres pièces de mobilier. « En revanche, nous constatons un hiatus historique sans présence pour le moment pour la période du haut Moyen Age. »
Mardi après-midi, les élus blésois rencontraient sur le site les archéologues et représentants de la Direction régionale des affaires culturelles, pour une découverte de ce site de fouilles exceptionnel par sa taille et son implantation urbaine. Bottes de rigueur pour déambuler entre les espaces où les archéologues manient les truelles quand la pelleteuse a déblayé les monticules terreux. « Ces fouilles permettront d'en savoir plus sur ce secteur et ce quartier. Sur le développement de la vie ligérienne aussi. » Une certitude : la rive gauche est habitée depuis (au moins) le IIIe siècle avant notre ère. « La rue Munier est au droit du pont antique qui enjambait la Loire. Ce qui est intéressant, ce sera de découvrir comment les Blésois de l'époque ont vécu avec la Loire et ses crues. » Si la rive gauche a été en partie abandonnée à l'époque médiévale, elle connaît un renouveau urbain à partir du Xe siècle. Et quand à partir du XVe l'hôpital général achète les terrains, il y a un gros apport de terre destiné aux cultures. « Le quartier était vivant avec des activités tournées vers le fleuve. » Des espaces funéraires « signent » cette présence. « Mais il est trop tôt pour donner des conclusions. » Les rapports de fouilles donneront lieu à un travail avec les historiens pour les conclusions « croisées ». Il reste six mois aux spécialistes pour « raconter » l'histoire du site et par conséquence celui de Vienne. Ce n'est qu'ensuite que 3 Vals Aménagement (à qui a été confié le nouvel aménagement urbain) lancera le chantier qui prévoit jardin, logements, aire de stationnement.
Sur la palissade, sont accrochés de grands panneaux qui expliquent le travail archéologique en cours : une exposition à lire pour mieux connaître Vienne. En juin, les Journées nationales de l'archéologie seront l'occasion de visites sur le site des fouilles.