Louis Frémont, chevalier de la légion d’honneur
Dernier survivant des ouvriers qui fabriquèrent des blindés durant la poche de La Rochelle (Charente-Maritime), Louis Frémond va enfin être élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur.
En septembre 1944, en pleine poche de La Rochelle, Louis Frémond, soudeur qualifié, se porta volontaire, avec MM. Petit et Boutillier, pour fabriquer des engins blindés… sans le savoir. « On nous avait dit qu'il s'agissait de trémies à silex, pour les carrières de Pouzauges, en Vendée. M. Harel, le père de Jean, apportait le matériel, rue Rempart des Voiliers. Mais j'avais remarqué qu'on nous faisait monter des supports de mitrailleuse Hotchkiss. Quand, enfant, je gardais les vaches au champ de manœuvre de Lagord, les tirailleurs sénégalais avaient les mêmes. L'ingénieur, M. Inglemann, a fini par nous dire la vérité, avant que l'on s'installe rue du Prêche, chez M. Lalot, pour poursuivre les travaux. »
À plusieurs reprises, l'entreprise clandestine faillit être découverte. Le 14 décembre, lors d'une attaque allemande au Gué-d'Alleré, le frère de Pierrette Frémond fut tué. Celle-ci fut emmenée pour reconnaître le corps. « Quand les Allemands, méfiants, lui ont demandé ce que je faisais, elle a eu l'instinct de leur dire que j'étais réquisitionné par l'armée allemande. Si elle avait hésité avant de répondre, ils auraient peut-être découvert le chantier. Elle nous a sauvés », souligne Louis Frémond.
Ironie de l'histoire, la touche finale, une couche de peinture couleur camouflage, allait être apportée aux quatre blindés le jour où les ouvriers apprirent la signature de l'Armistice, le 8 mai 1945. Ils achevèrent tout de même leur œuvre. Ces engins restent, à ce jour, les seuls blindés connus construits par la Résistance.
En savoir plus : http://www.sudouest.fr/2011/01/07/le-chevalier-fremond-283708-1391.php