Lépreux... voire-même pestiférés
Deux-Sèvres - Parthenay - Mémoires de gâtine
Lépreux... voire-même pestiférés
20/12/2012 05:33
Photographie non reproduite
Déjà accablés par la maladie, les lépreux parthenaisiens ont longtemps été mis à l'écart, mal considérés, voire abandonnés…
Outre la peste, la lèpre a longtemps fait des ravages, notamment au Moyen Age, y compris dans la capitale de Gâtine. Les lépreux étaient alors accueillis à la chapelle Saint-Catherine du Somport, plus connue localement sous le nom de « Maladrerie ». Située route de Saint-Maixent, elle était isolée du reste de la ville par une vaste zone marécageuse, qui a notamment donné son nom aux quartiers de La Mara et du Marchioux. Un véritable cordon sanitaire !
Composée d'une nef unique de quatre travées, elle a probablement été bâtie à la fin du XIIIe siècle, à hauteur de la station essence du magasin Casino. On conserve très peu d'informations sur son histoire, si ce n'est qu'elle a été provisoirement fermée à la suite d'un complot fomenté en 1321 par quelques personnalités poitevines malveillantes. Elles accusaient alors les lépreux, aidés de la communauté juive, d'avoir empoisonné puits et fontaines dans une multitude de villes de l'Ouest.
De nombreuses léproseries et maladreries fermeront un peu partout à la suite de cette cabale, totalement infondée. Celle de Parthenay rouvrira quelques années plus tard, avec des moyens plus que dérisoires. Un seul lépreux « officiel » est d'ailleurs signalé en 1416. Il n'y en a plus aucun vers 1475. Quant aux chapelains qui géraient cette Maladrerie, ils ont fini par en détourner les biens pour leur usage personnel… Après la lèpre, la cupidité ronge désormais la société. La fin du Moyen Age marque la quasi-disparition de la lèpre. Les lieux sont peu à peu occupés par de faux-lépreux puis par de simples indigents. La Maladrerie de Parthenay est finalement rattachée en 1693 à l'hôpital général de la commune, puis vendue à la Révolution. Elle sera totalement rasée en 1894, afin d'aménager une halte pour les Tramways des Deux-Sèvres. Déjà amputée de ses anciens lépreux, la chapelle est désormais rongée par les pioches des démolisseurs…
La semaine prochaine : croix et calvaires de Parthenay.
Cor. NR, Laurent Fleuret
Source de l’information et photographie: http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/communes/Parthenay/n/Contenus/Articles/2012/12/20/Lepreux-voire-meme-pestiferes