L'art ancien, affaire de pros,
Deux-Sèvres - Patrimoine
L'art ancien, affaire de pros
28/12/2012 05:46
Chez Freddy Tavard à Niort, ces professionnels sont tous tombés en admiration devant ce vase signé Jean River, un céramiste Niortais connu dans le monde entier.
Brocanteurs et antiquaires seront parmi le public ce dimanche sur les allées de Saint-Maixent. Parce que l’art ancien a aussi besoin de leurs yeux experts.
Une brocante le dimanche 30 décembre sur les allées de Saint-Maixent-l'Ecole* : voila une aubaine pour les chineurs qui vont trouver dans cette manifestation une excellente sortie, à faire éventuellement en famille, pour se dégourdir les jambes et les yeux entre Noël et le Premier de l'An. Parmi la foule de curieux, quatre professionnels au moins, vont traquer sur les stands de leurs confrères, sinon la bonne affaire, au moins de quoi satisfaire les demandes de leurs clientèles respectives.
Vide-greniers, successions, débarras et ventes publiques
Et notamment ce qui marche en ce moment : des plaques publicitaires émaillées, des jouets anciens, et tout ce qui relève de la collection en général, plutôt que du rustique tombé en désuétude depuis près d'une dizaine d'années. « Nous chinons pour satisfaire les demandes précises de nos clients. En moyenne, un article fait l'objet de sept transactions entre marchands, brocanteurs ou commissaires-priseurs, avant d'atterrir chez un particulier », expliquent en chœur Didier Sécher (Secondigny), Alain Sionnet (Coulon), Freddy Tavard et Jean-Claude Austruy (Niort).
Ces antiquaires ou brocanteurs – « il n'y a que la moquette au sol qui distingue les uns des autres », affirment-ils –, comme le commissaire-priseur à qui nous avons dernièrement consacré un article à l'occasion d'une vente générale, soulignent qu'ils sont eux aussi une alternative aux vide-greniers. Qu'ils peuvent acheter l'objet ancien ou l'œuvre d'art dont les particuliers veulent se séparer, ou carrément vider de son contenu la maison d'un aïeul disparu. « De 30 à 50 % de ce que nous vendons, nous l'avons acheté dans une salle des ventes. Au point que si nous n'étions pas là, les ventes aux enchères ne fonctionneraient pas. Le reste provient de successions, voire de tutelles dès lors que le juge est d'accord avec l'estimation que nous faisons. »
La profession souffre
Leur connaissance de l'art ancien, importante au moment de faire une estimation, ces professionnels expliquent l'avoir acquise sur le tas, et avec l'expérience : « De toute façon, quand les gens ont de belles pièces à vendre, ils ne sont pas fous : ils font jouer la concurrence, y compris celle du commissaire-priseur. Nos estimations sont généralement proches », affirment-ils.
Malgré « Louis la brocante », que l'un de ces professionnels considère « comme le meilleur défenseur du métier, en montrant ce que l'on vit au quotidien », brocanteurs et antiquaires souffrent : « Il y a la crise, les jeunes qui se désintéressent totalement de l'ancien. Et puis dans les vide-greniers, quand il y a 4 à 5 professionnels qui scrutent de bonne heure avec leur pile électrique, il y a 10 à 15 particuliers qui font la même chose, pour remettre aussitôt ce qu'ils ont trouvé sur internet… En tant que marchands, nous sommes des spéculateurs, mais avant tout des sentimentaux des objets d'art »,plaident-ils pour se défendre eux-mêmes.
* Tous les cinquièmes dimanches du mois, ce qui se présente 4 à 5 fois dans l'année.
Philippe Micard
Source de l’information et photographie: http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Loisirs/Patrimoine-tourisme/n/Contenus/Articles/2012/12/28/L-art-ancien-affaire-de-pros
