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Archéologie poitevine
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2 juillet 2013

Juste parmi les Nations: Noémie Fradin

Sources de l'information ci-après : http://www.ajpn.org/juste-Noemie-Fradin-1127.html

 

Notice Noémie et Camille Fradin, protestants, habitent Le Noirvault, village isolé dans une zone boisée et à l’abris des regards, situé à quelques kilomètres de Moncoutant. C’est parmi les neuf familles (sept protestantes et deux catholiques) que compte cette localité que seront cachés, à partir de l’été 1942 et au lendemain de la rafle du Vel d’Hiv, sept enfants et deux jeunes mères. Éva Fradin, originaire du Noirvault est la fille de Noémie* et Camille Fradin. Elle est institutrice à Paris. Depuis Paris, elle organise une filière pour cacher des persécutés, avec l'aide de ses parents, et de Léon Chertok, étudiant en médecine, membre du M.O.I. (Mouvement de la Main d’Oeuvre Immigrée) et responsable du Mouvement National Contre le Racisme. Par cette filière, après la rafle du Vel d'Hiv, à partir de l’été 1942 seront cachés au Noirvault sept enfants et deux jeunes mères parmi les neuf familles, dont sept protestantes et deux catholiques, que compte la localité : Thomas Kasmann (10 ans), Benoît Rayski (4 ans), Madeleine Barszczewski (moins de 10 ans), Paulette Braun (12 ans), Gabriel-Guy Neustadt (7 mois) et sa mère Anna Neustadt (18 ans), Élie et Bernard Pitel (frères jumeaux âgés de 22 mois) et leur mère Rachel Pitel. Anna Grinberg-Neustadt, qui avait pour nom de résistante "Jacqueline Dumont" fut arrêtée par la police allemande à Paris alors qu'elle était enceinte de 8 mois. Elle s'échappa, puis aidée par Léon Chertok et Éva Fradin réussit à conduire son fils âgé de quelques mois se réfugier au Noirvault où elle sera protégée. Rebecca Irène Kasmann, qui habite Paris, lui confie son fils Thomas Kasmann en 1942 au Noirvault. Arrêtée, Irène sera internée au camp de Drancy dans l'attente d'être déportée à Auschwitz, Noémie Fradin* réussit à lui envoyer un pain dans lequel elle a dissimulé une lettre. Il y est écrit : "Ma chère Irène, soyez tranquille. Quoi qu'il vous arrive votre enfant est mon enfant. Le jour où vous allez revenir, je vous le rends entier". Les enfants cachés sont accueillis par tout le village qui veille attentivement sur eux. Les enfants fréquentent l’école de Pugny sous des noms d’emprunt. Le 12 avril 1944, trois hommes de la Gestapo à bord d'une Traction Citroën, font irruption au Noirvault. Noémie Fradin* a été dénoncée par quelqu'un du village, locataire dans une ferme voisine. Elle est alors dans le bourg de Moncoutant et fait plusieurs kilomètres à pied pour avertir Jeanne Limeuil, la maîtresse d'école de Pugny, où sont les enfants cachés. Quelques jours plus tard, elle est convoquée à la Kommandantur de Niort. Elle s'habille de haillons, parle patois et se fait passer pour une demeurée. Un stratège à ce point finement conduit que les Allemands la laissent repartir chez elle. Le pasteur Casalis et ses paroissiens organisent alors un nouveau refuge, à l'exception de Gabriel Guy qui restera au Noirvault jusqu’à la Libération. Aucun des enfants cachés au Noirvault ne sera arrêté. 48 enfants juifs seront cachés en Deux-Sèvres. Aucun ne sera arrêté1. Plus des deux-tiers de ces enfants cachés l'ont été dans des foyers protestants. De même, Jean Rousseau, réfractaire au STO, recherché par la Gestapo pour faits de résistance, Daniel Fradin, aviateur refusant de servir le régime de Vichy, le fils de Noémie* et Camille Fradin, René Marty, réfractaire au STO, Sam Leblond, prisonnier de guerre évadé, Jean Koenig, alsacien, étudiant en théologie, fuyant la nazification de l’Alsace-Lorraine et René Thomas, prisonnier de guerre réfugié et proche collaborateur de Louis Jouvet, sont cachés au Noirvault. De nombreux jeunes rejoindront le Groupe de résistance "Le Chouan" constitué en 1943 en partie avec des réfractaires au STO dans le département de la Vienne. Surtout actif à partir du printemps 1944, il participe aux combats de la Libération. Daniel Fradin et Jean Rousseau sont arrêtés lors d’une embuscade dans la forêt de Lussac-les-Châteaux. Daniel Fradin sera déporté le 18 août 1944 à Buchenwald et périt à Neu-Stassfurt en avril 1945. Le 18 juin 2011, un square réservé aux enfants a été nommé "square Noémie Fradin" à Moncoutant.

 
 
Dossier Yad Vashem : 3238 Remise de la médaille de Juste : 1985    Sauvetage : Moncoutant Noirvault 79320 - Deux-Sèvres
Profession:  Institutrice Religion : Protestante Date de naissance: 1889                                  Date de décès: 1971                     
 
     
  Noemie-Fradin           Noémie Frandin                             source photo : Yad Vashem crédit photo : D.R. Noemie-Fradin            Noémie Fradin* dite Mémé Fradin et Gabriel-Guy le fils d'Anna Neustadt au Noirvault                             source photo : CCRL crédit photo : D.R.
  
 
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