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Archéologie poitevine
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23 août 2013

L'histoire de Châtain, du XI e siècle à nos jours

Vienne, Civray -                                Patrimoine

23/08/2013 05:35
Perché sur une colline, le village de Châtain est unique.                      
Perché sur une colline, le village de Châtain est unique.

C'est un village pas comme les autres. L'un des rares dans le Sud Vienne à être perché sur une colline, au sortir d'une vallée encaissée de la Charente. Mais aussi à disposer d'un très vieux pont, un ouvrage en dos-d'âne que l'on dit gallo-romain. Un des rares à compter plusieurs de ces anciennes maisons dotées d'un escalier extérieur en pierre menant à l'étage. Châtain devait être un bourg qu'il fallait voir de loin, auquel on devait accéder facilement, où les notables avaient choisi d'habiter.

Châtain, à la croisée des chemins

À l'origine, peut-être un lieu de culte païen sur lequel l'église fut construite au XIe ou XIIe siècle. Une église, qui domine la Charente, et que l'on peut voir de loin. Lors des travaux d'aménagement place de l'Église, de nombreuses tombes mérovingiennes ont été découvertes. Retour dans le passé. Châtain, appelé alors Castanedo, devient une viguerie : le chef-lieu d'une juridiction seigneuriale. Il faut pouvoir s'y rendre facilement et cela tombe bien : l'endroit se situe à la croisée de nombreux chemins. Les plus vieux, ceux des Gaulois, courent sur la colline d'en face. Les Romains s'en serviront pour tracer une voie jusqu'à Charroux. Ce qui multiplie les itinéraires possibles depuis Châtain. Avec le développement du commerce, les bœufs et les mules quittant le Limousin pour les grandes foires de l'Ouest, s'arrêtent à Châtain, qui se dote d'auberges et de grandes écuries. La place de l'église devient le champ de foire. Sur les chemins, on conduit aussi des hommes : les forçats ! Ils vont de Brest à Toulon, tels Jean Valjan. La Maison de force et ses anneaux dans les murs témoignent encore de sa fonction passée. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands suivront encore ces vieux chemins pour dessiner la ligne de démarcation. En 1940, Châtain se trouve en zone occupée alors que Pleuville, sur l'autre rive, est en zone libre. Des habitants qui connaissent bien les chemins jouent les passeurs. L'un d'eux restera célèbre : l'abbé Paul Guillon, curé de Châtain pendant 56 ans. Le colonel Rémy recueillera son témoignage dans son livre « La ligne de démarcation. » Arrêté en mars 1941, il fut déporté en 1942 et ne revit son église qu'à la fin de la guerre.

Un village calme et paisible

Aujourd'hui, Châtain est un petit village très calme et paisible. Alors qu'il comptait plus d'une douzaine de bars à une époque, le village n'en compte plus aucun. Quelques citadins sont venus y prendre leur retraite, des Britanniques ont remis en état des maisons. Les terres continuent d'être exploitées, mais par une agriculture moderne qui ne va pas toujours avec la préservation du patrimoine paysager. Cependant, les atouts qui font de Châtain un village pas comme les autres perdurent et leur mise en valeur assurerait que Châtain reste un village pas comme les autres.

Source de l'information et photographie : http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Loisirs/Patrimoine-tourisme/n/Contenus/Articles/2013/08/23/L-histoire-de-Chatain-du-XI-e-siecle-a-nos-jours-1586379

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